Bien le bonjour chers amis hominidés. Vous voulez en savoir plus sur moi ? Approchez-donc. C’est avec grand plaisir que je vais éclairer vos lanternes de mes magnifiques reflets !
Ephémère beauté du jardin
J’appartiens à la grande famille des coléoptères. Comme tous les membres de ma famille, je possède une paire d’ailes renforcées appelées élytres. Mais contrairement à mon pataud de cousin le Lucane, je suis beaucoup plus photogénique. Admirez ma couleur verte métallique parfois sublimée par des reflets bleus ou rouges. N’est-elle pas jolie ?
Vous m’avez surement déjà vu : belle pièce d’ornement sur les rosiers de votre jardin. À ce sujet : entendons-nous tout de suite : quelle idée de m’avoir surnommée « Hanneton des roses » ! Certes, le hanneton et moi avons une forme similaire, mais que ses couleurs sont fades au côté des miennes. Vous voulez profitez de mes beaux atours ? Pressez-vous : car je ne vis, sous cette forme d’imago, que quelques mois. J’apprécie particulièrement la chaleur, je me balade donc plutôt en été, entre juin et aout. Mais je ne dédaigne pas une petite sortie en avril ou octobre si le temps est clément.

Petite nymphe du bois mort
Vous ai-je parlé de ma forme mélolonthoïde ? Plait-il ? Mais non, ce n’est point le nom d’une maladie, bande de benêts ! C’est ainsi que l’on nomme ma forme larvaire : jolie petite virgule au creux des bois.
Sous cette forme, je vis plusieurs années, parcourant souches anciennes et bois mort, dont je me substante. Je prends le temps d’évoluer puis me façonne une petite coque avec de la fibre de bois et de la terre. Dans cette œuvre, la petite virgule se métamorphose en bijou irisé. Comment ? vous trouvez que j’en fais trop ? qu’il ne s’agit que d’une larve ?!
Je vais passer outre votre grossièreté et vous expliquer la différence entre mes magnifiques larves et celles des hannetons. Ma larve a une petite tête brune et un arrière-train plus développé. C’est l’inverse chez le Hanneton. Admettez qu’il est, disons… moins agréable à l’œil, avec sa grosse tête. En outre, il se permet de grignoter les racines, peut-être même celles de vos plantes, le malotru. Je ne me permettrais jamais une telle grossièreté. Ma larve se nourrit uniquement de bois mort.

Bijou indispensable à l’écosystème
Comme je vous le disais, ma larve est saproxylophage, c’est-à-dire friande de bois mort. Une fois adulte, je fais partie de ce merveilleux processus qu’est la pollinisation ! Au côté des abeilles, bourdons et autres papillons je transporte le pollen de fleur en fleur.

Et oui, vous pouvez nous remercier pour notre contribution au bon fonctionnement des écosystèmes. Nous sommes également un maillon de la chaine alimentaire. Ma larve est un met de choix pour les oiseaux, comme le Pic vert, le Merle noir ou la Corneille. Elle est également appréciée par la Scolie hirsute, une guêpe qui y pond directement ses œufs. Ma pauvre larve sert ainsi de nourriture aux petits de cette guêpe. Mais bon, la vie est un cycle aux multiples rouages. Je suis flattée d’en être un des maillons.
Chers amis, ce fut un plaisir de papoter avec vous. Sur ce, je vous laisse… au plaisir de se recroiser dans votre jardin.

Les idées à retenir pour briller à la pause-café :
Coléoptère : ordre d’insectes holométaboles* et dotés d’élytres* protégeant leurs ailes. Il comprend plus de 350 000 espèces d’insectes. La Cétoine dorée est une espèce d’insectes coléoptères (Coleoptera) de la famille des scarabées (Scarabaeidae)
Holométabole : individu dont le développement présente une ou plusieurs métamorphoses complètes (l’adulte est très différent de la larve)
Elytre : aile antérieure de certains insectes. La paire d’élytres est dure, cornée et protège les ailes postérieures de l’animal
Imago : stade final d’un individu dont le développement se déroule en plusieurs phases (œuf, larve, imago) ; l’imago est donc « l’adulte »
Saproxylophage : se nourrissant de bois mort. La Cétoine dorée, à l’état larvaire, se nourrit uniquement de bois mort
Mélolonthoïde : nom de certaines larves de scarabées en forme de gros vers blanc en “virgule” comme celles des hannetons, dont le nom latin est Melolontha, d’où cette appellation
Vous souhaitez en savoir plus :
- Livret du CPIE Marennes-Oléron : La Cétoine Dorée Cetonia aurata
- Site du PNR du Golfe du Morbihan : Biodiv’ Golfe du Morbihan
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